Homélie catholique du dimanche

Homélie : Dimanche de Pâques, Résurrection du Seigneur, année A

Préparée pour le 5 avril 2026. Le lectionnaire du dimanche revient tous les trois ans (années A, B et C) : chaque homélie reste utile quand ce dimanche revient.

Lectures du dimanche

Première lecture
Actes 10, 34a, 37-43
Évangile
Jean 20, 1-9

Chers frères et sœurs en Christ, nous sommes rassemblés aujourd'hui pour célébrer la plus grande de toutes les fêtes chrétiennes.

C'est le jour que le Seigneur a fait, un jour de triomphe, de joie et d'allégresse pour toute l'Église universelle.

Aujourd'hui, nous proclamons une vérité qui bouleverse l'histoire de l'humanité et qui change le destin de chacun d'entre nous.

Le Christ est ressuscité des morts, il a vaincu les ténèbres, et la lumière de sa gloire brille éternellement.

L'Évangile de Jean, que nous venons d'entendre, nous ramène au tout premier matin de Pâques, dans un climat particulier.

Il nous dit que Marie Madeleine s'est rendue au tombeau le premier jour de la semaine, alors qu'il faisait encore sombre.

Ce détail saisissant n'est pas seulement une indication du moment de la journée.

C'est aussi une description poignante de l'état intérieur de Marie Madeleine et des disciples à ce moment précis.

Il faisait sombre dans son cœur, assombri par le chagrin, le désespoir et le traumatisme profond du Vendredi Saint.

Jésus, son maître bien-aimé, celui qui l'avait guérie et pardonnée, avait été crucifié de la manière la plus brutale.

Mes amis, nous connaissons tous, d'une manière ou d'une autre, cette obscurité dont parle l'Évangile aujourd'hui.

Nous traversons tous des moments où la vie semble injuste, où la maladie frappe, ou quand la perte d'un être cher nous paralyse.

Il y a des moments où nos propres péchés et nos échecs nous enferment dans un tombeau de culpabilité et de peur.

Mais c'est précisément dans cette obscurité humaine que l'amour de Dieu a choisi d'agir avec une puissance inégalée.

Marie Madeleine voit que la pierre a été enlevée du tombeau, et la panique s'empare de son esprit meurtri.

Elle court vers Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, pour leur annoncer que le corps a disparu.

Chers frères et sœurs, imaginez la scène de ces deux disciples qui se mettent à courir vers le tombeau dans l'angoisse.

Saint Grégoire le Grand nous offre une magnifique réflexion sur cette course effrénée entre Pierre et Jean.

Il explique que Jean, le disciple de l'amour et de la contemplation, court plus vite et arrive le premier.

Mais Jean s'arrête à l'entrée et n'entre pas, par respect pour l'autorité de Pierre, le chef de l'Église naissante.

Pierre entre alors le premier dans le tombeau vide, et ce qu'il découvre est fondamental pour notre foi catholique.

Il ne trouve pas un chaos révélateur d'un pillage, ni un simple trou vide qui laisserait supposer un vol de cadavre.

Il voit les linges funéraires posés à plat, et le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus soigneusement enroulé à part.

Saint Jean Chrysostome, dans ses magnifiques homélies, souligne que des voleurs de tombes n'auraient jamais pris le temps de déshabiller le corps.

Ils n'auraient surtout pas plié le suaire avec un tel soin avant de s'enfuir dans la nuit.

Ces linges bien ordonnés sont les témoins silencieux et majestueux de la Résurrection du Christ.

Le Catéchisme de l'Église Catholique nous rappelle que le tombeau vide et les linges funéraires sont les signes essentiels qui préparent les disciples.

Le corps de Jésus n'a pas été réanimé pour reprendre une vie terrestre normale, comme ce fut le cas pour Lazare.

Le Christ est passé à travers ces linges, son corps glorifié n'étant plus soumis aux lois de la nature ou de la mort.

L'Évangile nous dit ensuite que le disciple bien-aimé entre à son tour, qu'il voit et qu'il croit.

Chers amis, il n'a pas vu Jésus ressuscité à ce moment précis, mais il a vu les signes de son triomphe.

Il a vu le vide ordonné, et dans ce silence absolu, la lumière de la foi s'est allumée dans son cœur.

Saint Augustin d'Hippone a enseigné avec une grande profondeur que la foi véritable des chrétiens réside dans la résurrection du Christ.

Il disait que ce n'est pas une grande chose de croire que Jésus est mort, car même ses bourreaux croyaient en sa mort.

Notre foi, notre espérance et notre gloire, c'est de croire fermement qu'il est ressuscité et vivant aujourd'hui.

Nous sommes appelés, comme le disciple bien-aimé, à passer de la confusion à la clarté, et du doute à la certitude.

Regardons maintenant la première lecture tirée des Actes des Apôtres, où nous retrouvons ce même Pierre.

Le Pierre qui courait dans la peur et l'incompréhension au matin de Pâques a été totalement transformé par l'Esprit Saint.

Il se tient debout avec assurance et déclare courageusement : Nous sommes les témoins de tout ce qu'il a fait.

Il n'est plus le disciple craintif qui a renié son maître trois fois dans la cour du grand prêtre.

Il est devenu le roc inébranlable, prêchant que Jésus a été établi par Dieu comme juge des vivants et des morts.

Comment un tel changement a-t-il pu se produire dans le cœur d'un homme aussi fragile et imparfait que Pierre ?

C'est parce qu'il a personnellement rencontré le Christ ressuscité, celui qui pardonne et qui restaure toute chose.

Pierre précise un détail magnifique : Jésus s'est manifesté à ceux qui ont mangé et bu avec lui après sa résurrection.

Ce repas partagé avec le Seigneur ressuscité a été le fondement de leur témoignage et de leur mission dans le monde.

Chers frères et sœurs en Christ, ce détail n'est pas seulement une anecdote historique, il nous concerne directement aujourd'hui.

Par notre baptême, nous sommes devenus nous aussi ces témoins choisis par Dieu pour annoncer l'Évangile au monde entier.

Nous sommes appelés à sortir de nos propres tombeaux, à laisser derrière nous nos vieux linges de péché et de mort.

Saint Thomas d'Aquin nous rappelle que la Résurrection du Christ est la cause de notre propre résurrection spirituelle et corporelle.

Le Christ veut insuffler sa vie nouvelle dans nos familles, dans nos relations brisées, et dans nos cœurs fatigués.

Le Pape François nous exhorte constamment à ne jamais nous laisser voler notre espérance par les difficultés du monde.

Il nous rappelle que le message de Pâques ne doit pas rester enfermé entre les murs de nos églises ou dans nos traditions.

L'amour invincible de Dieu est la force la plus puissante de l'univers, et il nous envoie en être les ambassadeurs.

Mais comment pouvons-nous trouver la force d'être ces témoins joyeux dans un monde souvent marqué par la violence et l'indifférence ?

Mes amis, la réponse se trouve sur l'autel qui est devant nous, dans le mystère que nous allons célébrer.

Tout comme les apôtres ont mangé et bu avec Jésus après sa résurrection, nous sommes invités au grand repas de l'Eucharistie.

La messe que nous célébrons aujourd'hui n'est pas un simple rappel d'un événement lointain du passé.

C'est notre rencontre vivante, réelle et substantielle avec le Seigneur ressuscité et glorieux.

Dans l'Eucharistie, le Christ se rend totalement présent avec son corps, son sang, son âme et sa divinité.

Lorsque vous vous avancerez pour recevoir la sainte communion, vous recevrez la vie même qui a vaincu le tombeau.

Laissez ce pain de vie transformer vos cœurs, guérir vos blessures et chasser toute obscurité de vos pensées.

Que ce sacrement d'amour vous donne le courage de pardonner à ceux qui vous ont blessés et d'aimer sans condition.

Chers frères et sœurs, le tombeau est définitivement vide, la mort a perdu son pouvoir ultime sur nous.

N'ayons plus peur, car le Seigneur de la vie marche à nos côtés chaque jour, jusqu'à la fin des temps.

Portons cette immense joie pascale dans nos maisons, dans nos lieux de travail et auprès de tous ceux qui souffrent.

Que la paix véritable du Christ ressuscité illumine vos cœurs aujourd'hui et pour toujours.

Alléluia, le Christ est vraiment ressuscité, il est vraiment vivant.

Amen.

*

Sources consultées

  • Catéchisme de l'Église Catholique (Paragraphes 638-655, sur la Résurrection du Christ et le sens du tombeau vide).
  • Saint Augustin d'Hippone (Sermons sur la Résurrection et le mystère de la foi pascale).
  • Saint Jean Chrysostome (Homélies sur l'Évangile de Jean, spécifiquement sur les linges funéraires et le tombeau).
  • Saint Grégoire le Grand (Homélies sur les Évangiles, Commentaire sur la course de Pierre et Jean).
  • Saint Thomas d'Aquin (Somme Théologique, Tertia Pars, Questions sur la Résurrection et ses effets).
  • Pape François (Homélies de la Vigile Pascale et exhortation sur l'espérance chrétienne).

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