Lectures du dimanche
Jésus, la Porte et le Berger : Écouter sa Voix pour une Vie Abondante
Chers frères et sœurs en Christ, nous vivons dans un monde extrêmement bruyant. Chaque jour, dès notre réveil, des dizaines de voix réclament notre attention. Il y a les voix des actualités télévisées, les notifications incessantes de nos téléphones portables, les exigences urgentes de notre travail, et les opinions parfois écrasantes de notre entourage.
Toutes ces voix, souvent discordantes, essaient de nous dire ce que nous devons penser, ce que nous devons acheter pour être satisfaits, ou la manière dont nous devons vivre pour être considérés comme des personnes de succès. Mais très souvent, au lieu de nous apporter la tranquillité d'esprit, ces voix multiples nous laissent fatigués, anxieux, craintifs et spirituellement dispersés. Nous nous sentons tiraillés de toutes parts.
En ce quatrième dimanche de Pâques, traditionnellement appelé le dimanche du Bon Pasteur, l'Évangile nous offre un antidote puissant et un contraste saisissant avec ce bruit assourdissant du monde. Jésus nous présente une image de calme absolu, de sécurité inébranlable et d'intimité profonde. Il utilise l'image intemporelle du berger et de son troupeau de brebis.
Dans l'Évangile de saint Jean que nous venons d'entendre, Jésus nous révèle une vérité magnifique et réconfortante. Il nous dit que les brebis connaissent la voix de leur berger. Elles le suivent instinctivement parce qu'elles reconnaissent cette voix unique, aimante et protectrice parmi toutes les autres. En revanche, elles fuiront les étrangers, nous dit Jésus, car elles ne reconnaissent pas la voix des étrangers.
Mes amis, le Christ nous pose aujourd'hui une question cruciale pour notre foi. Au milieu de la cacophonie de notre vie moderne, sommes-nous capables de reconnaître la voix de notre Bon Pasteur ? Comment pouvons-nous distinguer sa voix sacrée de celle des voleurs et des brigands spirituels qui cherchent, comme le dit Jésus, à voler, égorger et détruire notre paix intérieure ?
Le Pape François a souvent enseigné à ce sujet de manière très lumineuse. Il nous rappelle que la voix de Dieu ne nous oblige jamais et ne nous menace pas. Elle nous propose, elle nous invite avec douceur et respecte notre liberté. La voix du monde flatte souvent notre ego, promettant des succès faciles et des plaisirs immédiats, mais elle nous laisse finalement vides et amers.
Au contraire, nous enseigne le Saint-Père, la voix du Bon Pasteur peut parfois nous corriger, elle peut nous inviter à porter une croix ou à pardonner une offense difficile, mais elle nous laisse toujours avec une paix profonde, une paix que le monde ne peut pas donner.
Mais pourquoi devrions-nous faire confiance à ce berger en particulier ? Pourquoi devrions-nous écouter sa voix plutôt que les nombreuses philosophies ou les experts de notre époque ? La réponse poignante se trouve dans notre deuxième lecture, tirée de la première lettre de saint Pierre.
Saint Pierre, qui connaissait bien ses propres faiblesses et ses reniements, nous offre une description bouleversante de ce que le Pasteur a fait pour nous prouver son amour infini. Il écrit que le Christ a porté nos péchés dans son corps sur le bois de la croix, et que par ses meurtrissures, par ses propres blessures, nous avons été guéris.
Nous étions tous comme des brebis errantes, perdus dans nos égoïsmes et nos peurs, mais par sa Passion redemptrice, nous sommes retournés vers le berger et le gardien vigilant de nos âmes.
Chers frères et sœurs, nous pouvons faire confiance à la voix de Jésus car il ne nous donne pas de simples conseils de vie depuis un lieu sûr, confortable et éloigné au ciel. Il est descendu lui-même dans la vallée sombre de l'ombre de la mort pour nous chercher. Lorsque vous traversez des moments de douleur, d'injustice, ou de maladie, regardez le Christ. Son amour pour nous n'est pas une belle idée théorique ou une philosophie lointaine, il est écrit dans la chair, dans les cicatrices éternelles de ses mains, de ses pieds et de son côté ouvert.
C'est cette vérité immense et sacrificielle qui nous amène à la deuxième grande image que Jésus utilise dans l'Évangile d'aujourd'hui. Il ne se contente pas de dire qu'il est le berger. Il déclare solennellement qu'il est la porte des brebis.
Saint Augustin, cet illustre docteur de l'Église, a prêché de manière magnifique sur ce passage précis de l'Évangile de Jean. Saint Augustin enseignait que beaucoup de personnes, même bien intentionnées, essaient de trouver le salut, la vérité et le sens de la vie en contournant le Christ, par d'autres moyens purement humains.
Mais le Christ est l'unique porte véritable. Augustin disait que si nous passons par le Christ, si nous basons notre vie entière sur lui, non seulement nous serons sauvés de la perdition, mais nous pourrons entrer et sortir en toute sécurité pour trouver de bons et riches pâturages pour nos âmes.
Comprendre Jésus comme la porte, cela signifie qu'il est le seul passage authentique vers la communion totale avec Dieu notre Père. Les voleurs et les brigands dont parle l'Évangile essaient d'escalader l'enclos par un autre chemin. Aujourd'hui, ces voleurs prennent le visage de nos fausses idoles. C'est l'obsession de l'argent, la soif de pouvoir, les dépendances qui nous asservissent, ou l'illusion d'orgueil que nous pouvons nous sauver nous-mêmes. Toutes ces choses promettent beaucoup mais finissent par voler notre dignité d'enfants de Dieu.
Pour comprendre comment on franchit cette porte de nos jours, rappelons-nous la première lecture du livre des Actes des Apôtres. Le jour de la Pentecôte, la foule écoute la voix de l'apôtre Pierre, totalement transformé et inspiré par l'Esprit Saint. En entendant la vérité sur Jésus, leurs cœurs sont transpercés, bouleversés, et ils demandent avec angoisse et espérance ce qu'ils doivent faire.
Pierre leur donne une réponse immédiate et claire en les invitant à se repentir et à être baptisés au nom de Jésus Christ pour le pardon de leurs péchés. Ce jour-là, nous dit l'Écriture, environ trois mille personnes ont franchi la Porte qu'est le Christ. Ils ont reconnu la voix du vrai Pasteur à travers les paroles humaines de l'apôtre, ils ont changé de direction, et ils ont trouvé la porte de la vie éternelle.
Bien-aimés dans le Seigneur, c'est ce même appel qui résonne pour chacun de nous, ici et maintenant, dans notre paroisse. L'appel à la repentance quotidienne n'est pas une punition sévère de l'Église. C'est une invitation joyeuse et libératrice. C'est l
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