Homélie catholique du dimanche

Homélie du 12e dimanche du Temps ordinaire, année A

Préparée pour le 21 juin 2026. Le lectionnaire du dimanche revient tous les trois ans (années A, B et C) : chaque homélie reste utile quand ce dimanche revient.

Lectures du dimanche

Première lecture
Jérémie 20, 10-13
Deuxième lecture
Romains 5, 12-15
Évangile
Matthieu 10, 26-33

N'ayez pas peur : Dieu connaît et chérit chaque cheveu de votre tête

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Combien de fois la peur s'est-elle glissée dans nos cœurs ? La peur du jugement des autres, la peur de l'avenir, la peur de souffrir pour notre foi, et parfois même la peur de proclamer ouvertement que nous appartenons au Christ. Aujourd'hui, en ce douzième dimanche du temps ordinaire, la Parole de Dieu vient à notre rencontre avec une invitation répétée, presque insistante. Trois fois dans l'Évangile, Jésus nous dit : « N'ayez pas peur. »

Écoutons d'abord le prophète Jérémie. Il vit un moment d'angoisse profonde. Il entend ceux qui l'entourent murmurer : « Dénoncez-le ! Oui, dénonçons-le ! » Ses amis eux-mêmes guettent ses faux pas, espérant le voir trébucher. Jérémie connaît la trahison, l'isolement, la persécution. Pourtant, au cœur même de cette tempête, sa voix change de ton. Il proclame : « Le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable. » Et il termine non par une plainte, mais par un chant : « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur, car il a délivré le malheureux. »

Voilà, mes amis, la grande leçon de Jérémie. La foi ne nous épargne pas l'épreuve, mais elle nous donne la certitude que Dieu ne nous abandonne jamais. Au milieu de la persécution, Jérémie ne nie pas sa peur, mais il choisit de la remettre entre les mains de Dieu. Sa confiance ne repose pas sur l'absence de danger, mais sur la présence du Seigneur.

Cette même confiance résonne dans l'Évangile de saint Matthieu. Jésus envoie ses disciples en mission, et il sait que cette mission rencontrera l'opposition du monde. Alors il les prépare. « Ne craignez pas les hommes », leur dit-il. « Rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est caché qui ne sera connu. » La vérité de l'Évangile, semée parfois dans le silence et l'humilité, finira par éclater au grand jour.

Puis Jésus prononce ces paroles d'une tendresse infinie : « Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde. »

Arrêtons-nous un instant sur cette image. Dieu compte les cheveux de notre tête. Saint Jean Chrysostome voyait dans ces paroles non pas une simple promesse de protection matérielle, mais l'expression d'une providence qui veille sur les détails les plus infimes de notre existence. Si Dieu connaît le sort d'un petit oiseau qui ne vaut presque rien aux yeux du marché, combien plus se soucie-t-il de vous, créés à son image, rachetés par le sang de son Fils.

Frères et sœurs, voilà le remède véritable à la peur. Ce n'est pas l'absence d'épreuves, ni la garantie d'une vie sans souffrance. C'est la certitude que nous sommes connus, aimés et chéris par un Père qui ne nous perd jamais de vue. La peur perd son emprise lorsque nous comprenons à quel point nous comptons aux yeux de Dieu.

Mais Jésus ajoute une exigence à cette consolation. « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. » Voici l'appel au courage. Si nous sommes infiniment précieux aux yeux de Dieu, alors nous ne pouvons pas avoir honte de lui devant le monde. Le Catéchisme de l'Église catholique nous rappelle que le témoignage de la foi est une obligation pour tout chrétien, et que par le martyre, certains rendent à la vérité le témoignage suprême.

Soyons honnêtes : aujourd'hui, il n'est pas toujours facile de se déclarer pour le Christ. Dans un monde qui regarde parfois la foi avec indifférence ou mépris, confesser ouvertement notre attachement à Jésus demande du courage. Faire le signe de la croix avant un repas en public, défendre la dignité de la vie humaine, choisir le pardon plutôt que la vengeance, vivre selon l'Évangile dans notre travail et notre famille. Tout cela est une manière de nous déclarer pour le Christ.

La deuxième lecture nous donne la raison profonde de notre espérance. Saint Paul nous parle d'Adam et du Christ. Par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et avec le péché, la mort. Mais saint Paul nous assure que le don gratuit de Dieu surpasse infiniment la faute. « Si la faute d'un seul a entraîné la mort de la multitude, combien plus la grâce de Dieu s'est-elle répandue en abondance sur la multitude. »

Voilà notre fondement. Notre confiance ne repose pas sur nos propres forces, qui sont fragiles, mais sur la grâce surabondante du Christ. Saint Augustin contemplait cette vérité avec émerveillement : là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé. Le Christ a remporté pour nous une victoire plus grande que toutes nos chutes. C'est pourquoi nous pouvons affronter l'épreuve sans désespérer, car celui qui nous aime a déjà vaincu la mort.

Mes amis, comment relier toutes ces lectures à notre vie aujourd'hui ? Je vous propose une seule chose à emporter dans votre cœur cette semaine. Chaque fois que la peur vous saisit, rappelez-vous que les cheveux de votre tête sont comptés. Faites de cette parole une prière courte, que vous pourrez répéter dans les moments d'angoisse : « Seigneur, je suis connu et aimé de toi, je n'ai rien à craindre. »

Et dans quelques instants, nous allons vivre le moment le plus puissant de cette confiance. Car ici, à l'autel, le Christ qui nous dit « N'ayez pas peur » se donne lui-même à nous dans l'Eucharistie. Le même Seigneur qui compte les cheveux de notre tête vient habiter notre cœur, nous fortifier, nous remplir de son courage. Quand nous recevons son Corps et son Sang, nous recevons la force de nous déclarer pour lui devant le monde, sans crainte.

Comme Jérémie qui passe de la peur au chant de louange, puissions-nous, nourris par l'Eucharistie, devenir des témoins joyeux et courageux de l'Évangile. Le monde a besoin de chrétiens qui n'ont pas peur, qui vivent et proclament leur foi avec sérénité, parce qu'ils savent à quel point ils sont aimés de Dieu.

N'ayez donc pas peur, frères et sœurs. Vous valez plus que tous les moineaux du monde. Dieu vous connaît par votre nom, il compte chaque cheveu de votre tête, et il ne vous abandonnera jamais.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Sources consultées

  • Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'Évangile de saint Matthieu
  • Saint Augustin, commentaires sur l'épître aux Romains et sur la grâce
  • Catéchisme de l'Église catholique* (n° 2471-2474 sur le témoignage de la foi ; n° 302-314 sur la divine Providence)
  • Pape Benoît XVI, Jésus de Nazareth
  • The Navarre Bible Commentary* (Évangile de saint Matthieu)
  • Saint Thomas d'Aquin, Catena Aurea (commentaire sur Matthieu 10)
  • Raymond E. Brown, An Introduction to the New Testament
  • Pape François, Angélus du douzième dimanche du temps ordinaire

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